Les mots ...
- Cyntia Dubé
- 3 janv. 2022
- 4 min de lecture
J’ai d’abord pensé vous faire un bilan de 2021, puis sinon de faire mes vœux de nouvel l’an. Mais je ne sais pas pour vous, je ne sens pas encore 2022 comme une valeur sûre. J’avais envie aussi de me sortir du covid, des défis, du gris.
Je me suis torturée pendant deux longues minutes, à 15 h tantôt, alternant entre laisses tombe, me disant *ce n’est pas nécessaire, tu es en live personne ne va se rendre compte que tu n’as rien à dire* et *ben voyons fais de quoi, tu es écrivaine ! Tu es supposé avoir quelque chose à écrire*.
J’ai aimé me dire à moi-même que je suis écrivaine, me le rappeler en utilisant ce seul mot.
Et c’est là que j’ai su ce dont j’avais envie de vous parler. J’avais envie de vous parler du pouvoir des mots et de ce que l’on en fait.
Les mots on les découvre tout bébé quand nos parents répètent à outrance les mêmes sons, dans une lutte pour savoir quel premier mot le nouveau-né prononcera. Mamamama papapa. Déjà cette suite de sons a non seulement une utilité, mais a aussi une valeur précieuse, privilégiée.
Les mots toute notre vie vont nous accompagner, s’ils peuvent parfois être mal choisis, douloureux, malaisants, ils sont surtout une source de liberté, de pouvoir, d’expiation.
Les mots c’est notre plus grand partenaire, ils nous accompagnent fidèlement dès notre naissance et jusqu’au dernier souffle, au dernier adieu. Certains mots sont percutants, tranchants ou forts, d’autres sont doux, caressants et subtils.
Ils ne sont jamais vains ou presque …
Les mots nous permettent de se comprendre, comme de se faire comprendre. Il permet aux autres d’entendre ce que nous désirons, ce que nous sommes. Ils nous permettent aussi d’entendre ce que notre tête comme notre cœur ont à dire. Dans un jeu de cape et d’épée combien de fois ma tête et mon cœur se sont affrontés. Donnant tout son sens au mot rationnel, au mot folie, au mot désir.
Depuis toujours et pour toujours les mots seront, ils nous permettent d’avoir accès au passé, d’imaginer un futur, de raconter le présent et une des choses que j’aime par-dessus tout, d’imager. De rendre plus accessible l’immensité des merveilles qui peut se trouver dans nos esprits.
Les mots nous permettent d’appeler à l’aide, de ne pas juste souffrir en silence, de faire entendre notre détresse. Ils permettent d’expier certaine lourdeur, de demander pardon, de clamer les bonheurs. Ils peuvent êtres discret et précieux, chuchoté comme un secret, comme un soupir, puis ils peuvent être hurlé, crié, libérant les grandes colères comme les grandes joies.
Ils n’ont aucune limite, ils sont un amalgame de sons interchangeables qui nous offre liberté, qui nous permet de se comprendre ou de comprendre qu’on ne se comprend pas. Ils sont là, fidèles, acceptant qu’on les utilise à tort, qu’on les malmène comme qu’on les choie et les enveloppe de poésie.
J’ai des mots préférés, j’ai des mots que j’apprécie voir ensemble, et j’aime en découvrir des nouveaux. Ils ont une musique qui leur est propre, ils font vibrer tous les tympans de façon unique, s’étendant dans nos synapses pour résonner quand même dans notre cœur.
Les mots sont ce qui rend mon monde magique, ils font depuis toujours partie de moi, avant même que je tente de vous en offrir. Si j’avais une déclaration d’amour à faire aujourd’hui se serait à eux. Ils m’habitent, comme chacun de nous je le sais, mais ils m’habitent depuis que je suis née, ils me permettent d’exister, de me faire comprendre, de me faire entendre, de faire du bien autour de moi. Ils ont ouvert l’étendue folle de mon esprit, le rendant accessible à ceux qui voudront bien lire mon utilisation de ceux-ci. Ils me laissent jouer à dieu, les transcender, leur créer de nouveau sens quand ils n’en ont pas déjà plusieurs, me tromper dans leur orthographe. Ils me laissent même en inventer. Ils me rendent disponible, authentique, fragile plus que je ne le voudrais parfois, mais ils sont aussi un bouclier que je porte et dont j’use pour protéger les miens depuis que j’ai dit mes premiers sons.
Je voulais vous parler des mots, car ils sont mon armée, mais ils sont aussi la vôtre. Ils offrent plus qu’ils ne nous demandent. Ne faudrait-il pas les user avec intelligence et gentillesse, les peser et les choisir. S’ils nous offrent la liberté, nous sommes responsables de ce que nous en faisons. Il faut brandir ce pouvoir en étant conscient de sa puissance et des choix que nous en faisons.
Les mots, ils nous offrent un pouvoir incroyable qu’ils déposent dans nos bouches et nos cœurs. Reste à bien doser les plus durs, car il n’en reste pas moins parfois nécessaire, mais aussi à faire briller ces mots simples du quotidien, qu’on dit parfois un peu vite, mais qui enveloppent de nuage et de bonté nos âmes. Il faut dire avec affirmation et conviction les non qu’on garde parfois cacher en soi, mais je pense qu’il faut dire plus de mots d’amour, d’affection et d’espoir.
Ce sont des mots contagieux, ils finissent toujours par faire briller tout autour.
Tous droits de traduction, de reproduction ou d’adaptation réservés ; toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit est strictement interdite sans l’autorisation de l’auteur. ©Cyntia Dubé, 2022






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